
Rares sont les marques qui peuvent s’enorgueillir de posséder dans leur collection un accessoire qui reflète et illustre à lui seul la marque. Le carré Hermès fait parti de ces rares objets.
Avec ses 90 cm de côté et son roulotté, cette page de soie blanche n’était pas promis à un bel avenir avec ce format contraignant et simpliste qui n’incitait guère à la fantaisie.
L’histoire du carré Hermès sera pourtant tout autre. La création des carrés sera sans cesse renouvelée, grâce au talent de dizaines de dessinateurs qui se sont consacrés a l’élaboration de motifs inédits depuis soixante-treize ans.

Avec plus de 1500 références imaginées à ce jour, de nombreuses histoires remplies d’anecdotes ont été contées, narrant tour à tour l’attache d’Hermès à la mode, aux cultures, aux arts, aux traditions…
Chaque saison, de nouveaux dessins sont créés. Ils arrivent dans les ateliers lyonnais pour être transposés sur la soie. De petites mains expertes s’affèrent pour assurer toutes les étapes de la fabrication : gravure, coloration, impression, ennoblissement et roulottage.
Les établissements Perrin tissent la soie depuis plus de 50 ans pour la maison Hermès. La soie est réceptionnée en fils bruts, en provenance du Brésil, puis les fils sont constitués en rouleaux de twill de soie, prêts à être imprimés.
Les artistes dessinent des modèles de carrés sur une maquette grandeur nature peinte à la main sur carton 90cm x 90cm. L’illustration est ensuite envoyée aux ateliers de gravure.
Cette première opération consiste à décomposer le dessin en autant de films qu’il compte de couleurs différentes. Travail minutieux qui demande environ 500 heures de gravures.
Puis les coloristes peuvent imaginer pour chaque dessin près d’une douzaine de variations de couleurs, à partir d’un nuancier qui compte plus de 75 000 teintes. Une fois la mise en couleurs des carrés réalisée, les tables d’impression impriment en continu.
Pour finir la bande de soie subit plusieurs opérations de finition, dit d’ennoblissement, comme le fixage des couleurs, le lavage et le séchage. Enfin, le confectionneur effectue le roulottage, les bords sont roulés sur l’endroit du carré et cousus manuellement avec un fil de soie.
Grâce à l’évolution des techniques, le carré peut désormais être imperméable, parfumé et même phosphorescent…
Le premier carré Hermès vit le jour en 1937. Créé par Robert Dumas, grand-père de Pierre-Alexis Dumas qui dirige actuellement la conception. Il a été recolorisé (ci-dessus) en 2007 pour l’édition anniversaire.
Le terme “premier” n’est en fait pas tout a fait exact car en 1928, le sellier décide de commander un carre à l’un de ses fournisseurs sur le thème de l’automobile. Malheureusement pour la marque, l’objet comportait le nom de « tapecul », ce qui valut à certaines clientes d’être affublées de surnoms douteux…
Swinging Saint-Germain est l’un des derniers-nés de la collection Hermès. Il appartient à la ligne du Carré 70, éditée en format 70×70 cm pour son 70e anniversaire.
Il n’est pas obligatoire d’être collaborateur de la maison Hermès pour dessiner un carré. Ainsi, l’Indien Pani La Shar Pawnee a-t-il été imaginé par Kermit Oliver, un fils de cow-boy texan devenu postier.
































Les carrés sont somptueux. C’est toujours un cadeau qui fait plaisir, d’autant que le tarif reste relativement abordable pour une maison d’une telle renommée.
Un carré c’est pour la vie.